La bombe est tombée dans l’empire Québécor. « La ministre fait des excès de vitesse ». Presse sensationnaliste qu’est le bébé lucratif de Péladeau, on en entend beaucoup parler.
La ministre dormait. Wô minute! C’est ridicule. Comment mettre le blâme sur les autres sans trop se forcer. Mme Boulet a fait preuve de lâcheté en jettant la faute sur son chauffeur et en prétextant ne pas être au courant, parce qu’elle dormait. De la petite politique quoi.
Et que dire de son chauffeur, sinon pauvre de lui! Il est congédié, pour sauver la face des autres. Oui, c’est effectivement ce monsieur qui a commis l’excès de vitesse, mais n’aurait-il pas été de la juridiction du ministère des Transports que de rappeler à ses employés de prêcher par l’exemple? Et madame la Ministre aurait pu s’assurer que son chauffeur respecte le code de la route. Elle est en quelque sorte la figure de proue des sacro-saintes limites de vitesse. Alors, avouer qu’elle dormait prouve de son incompétence à surveiller que ces limites soient respectées, donc de son incompétence à appliquer des lois sur celles-ci.
Mme Boulet a le droit de dormir en limo, bien sûr. Surtout que ce n’est pas elle qui conduit. Mais, que personne ne prétende que c’était la première fois que son chauffeur roulait trop vite, ou qu’il ne le fasse que quand Mme la Ministre fait sa sieste.
La situation est certes exagérée. Rien dans toute cette histoire n’est assez pour demander la démission de la ministre. Ce serait trop. Mais rien ne justifie non plus la suspension du chauffeur. Il n’y a pas eu de morts.
On a eu la tête du plus faible.
Comme quoi on arrête toujours les petits revendeurs de drogues, mais pas les trafiquants. Les putes, mais pas les proxénètes.

